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Les Écailles d’Argent : Chapitre 7 – Voir par le fer

Titulaire d’une licence en histoire, Marc est un étudiant en archéologie passionné d’arts martiaux et pratiquant d’arts martiaux historiques européens (AMHE). Il nous livre son premier roman : Les Écailles d’Argent.

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Les Écailles d'Argent : Chapitre 4 - Carte

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Une silhouette dans les sous-bois attira l’attention d’Eswald, l’espace d’un instant il crut apercevoir deux yeux noirs le fixant avec une intensité envoûtante avant de se maudire pour s’être laissé distraire par un simple buisson. Malgré ses efforts pour rester concentré, ses entraînements nocturnes commençaient à peser sur son état de fatigue. Il accéléra le pas pour rattraper ses deux camarades qui continuaient de s’enfoncer dans les bois au pas de course, quelques toises plus loin, l’instructeur les guidait sur un sentier inconnu.

« — À vingt toises à gauche ! »

Eswald rassembla ses esprits pour balayer des yeux la zone indiquée par le chef de groupe. Le mannequin de paille à peine repérée, il ne lui fallut qu’un instant pour s’emparer d’une flèche à pointe large et la tirer sur la cible à la suite des deux autres.

Sans perdre plus de temps le groupe repris sa course à travers bois, quelques toises plus loin ils tombèrent sur plusieurs cibles recouvertes de hauberts de maille. Instinctivement chacun se cacha derrière un arbre pour tirer à son tour. Cette fois Eswald saisit une poignée de flèches perce-maille dans la partie supérieure de son carquois. Au son du premier tir, il en encocha une tout en se mettant à découvert pendant que le deuxième projectile fendait l’air avant de tirer à son tour pour se remettre à couvert et réapparaître de l’autre coté. Lorsque le flux ininterrompu eut atteint toutes les cibles, les trois aspirants repartirent immédiatement au pas de course. Dès les premières foulées, le poids de l’équipement recommençait à se faire sentir et sans avoir eu le temps de reprendre leur rythme ils se retrouvèrent rapidement devant une palissade en rondin.

Comme à l’entraînement, Eswald se hissa sur l’obstacle l’arc en main, mais dut réprimer une grimace en retombant de tout son poids sur ses jambes. Il resta en alerte, une flèche encochée, le temps que les deux autres franchissent l’obstacle puis reprit à nouveau sa course.

Le sentier déjà à peine visible devint de plus en plus étroit, souvent encombré de rochers ou de branches en travers du chemin, obligeant les aspirants à surveiller à la fois leurs appuis et les cibles cachées. Eswald faisait de son mieux pour se montrer à la hauteur, pour une fois son expérience de chasseur lui donnait l’avantage dans la forêt dense. Après plusieurs semaines d’entraînement, il parvenait à enchaîner les tirs avec une certaine fluidité même s’il lui arriva encore de perdre quelques instants pour remettre l’encoche d’une flèche dans le bon sens.

Après plusieurs enchaînements de cibles et d’obstacles, le groupe déboucha sur la rivière, à un endroit plus escarpé que d’habitude. Ils tirèrent aussitôt une volée sur les cibles situées sur l’autre rive, mais l’instructeur continua de les regarder, adossé contre un arbre les bras croisés. Pas le choix : il fallait traverser.

Conformément aux consignes, Eswald et Elmo enlevèrent leurs épées, leurs arcs et leurs capes et commencèrent à traverser le torrent glacé pendant que le troisième les couvrait. Ils avancèrent aussi vite que possible en tenant leurs affaires à bout de bras et en évitant de glisser sur les rochers couverts de mousse ou de se laisser emporter par le courant. Dès qu’ils furent à pied, sec ils se rééquipèrent rapidement et restèrent prêt a tirer le temps que le troisième traverse.

Pendant ce temps l’instructeur avait traversé à son tour et guida le trinôme jusqu’à un nouvel enchaînement de cibles avec et sans armures. Eswald savait qu’ils devraient se montrer rapide, même avec les membres encore engourdis par le froid. Ils se glissèrent rapidement d’un couvert à un autre en profitant de chaque déplacement pour éliminer toutes les cibles à portée, avec bien sur les flèches appropriées et en s’assurant de n’en oublier aucune.

Lorsqu’enfin ils sortirent de la forêt pour rejoindre les autres groupes, tous trois poussèrent un soupir de soulagement, à bout de souffle et encore trempé.

« Il y a du progrès, mais on est encore loin du compte, vous êtes toujours trop lent et pourtant vous êtes passés à côté de plusieurs cibles, n’espérez pas que tous vos ennemis soient à découvert ! Elmo, tu ne tires pas encore assez juste, même pour un épéiste, chaque tir raté c’est un répit de trop pour l’ennemi. Eswald, il faut que tu sois mieux coordonné avec les autres, vous devez toujours vous couvrir mutuellement. »

Les trois camarades eurent droit à un bref répit en attendant l’arrivée du dernier trinôme puis toute la dizaine se rendit au terrain d’entraînement au pas de course.

Depuis une semaine, le maître d’armes les faisait régulièrement s’affronter pour leur apprendre à créer des ouvertures. Face à Elmo, Eswald fit de son mieux pour appliquer les leçons des jours précédents et maintenir son adversaire à sa distance de frappe. Mais malgré ses efforts, il se laissait toujours surprendre par la plus grande allonge du chef de groupe et toutes ses tentatives pour le repousser se soldaient par une double touche.

« —Non, ça ne va pas, le reprit Mestre Erhard. N’oublie pas que le premier but d’un combat ce n’est pas de toucher l’autre, c’est de rester en vie. S’il attaque, n’essaye pas de le prendre de court, à moins que tu ne sois vraiment plus rapide. Concentre-toi sur ta défense, essaye de dévier un de ses coups et profites-en pour contre attaquer avant qu’il n’ait armé le suivant. Quoiqu’il arrive, ta priorité, c’est qu’il ne soit jamais en mesure de te toucher. Recommencez ! »

Eswald se remit en garde, l’épée pointée sur l’adversaire, souple sur ses appuis. Face à l’agressivité d’Elmo, il s’efforça de le maintenir à distance par la menace d’un estoc, mais ce dernier chassa la pointe par un violent coup de taille pour recommencer à attaquer. Sans lui laisser le temps d’enchaîner, Eswald para le premier coup et se fit violence pour contre attaquer immédiatement, mais à nouveau, il toucha Elmo au moment où ce dernier abattait sa propre épée sur son épaule.

«— C’est pas juste, s’écria Elmo. Si j’avais eu le droit de frapper fort, il n’aurait jamais eu le temps de contre-attaquer aussi vite ! 

— Détrompe-toi, répliqua Ferruccio. Ce n’est pas qu’une question de sécurité, il est primordial que vous appreniez à maîtriser vos coups, toute force superflue ne fera que donner plus d’opportunités à l’adversaire. Tu as déjà oublié la leçon sur les transferts de force ?

— Ce sont juste des techniques de salon ! Ça ne nous servira à rien sur le terrain !

— Bon, alors attaque-moi, et inutile de te retenir. »

Elmo compris aussitôt qu’il était allé trop loin, mais il ne pouvait plus se défiler maintenant. Alerté par la mise en garde du premier jour, il s’approcha prudemment et attendit le dernier moment pour lancer une attaque rapide. Mestre Erhard se contenta de parer les coups avec facilité donnant l’impression d’être intouchable.

— C’est tout ce que tu peux faire ?

Agacé par la passivité de son adversaire Elmo redoubla d’agressivité et se mit à attaquer de plus en plus fort, profitant du rebond de la lame à chaque parade pour enchaîner les coups encore plus vite jusqu’à ce que, au lieu de parer, le maître d’armes ne laisse la lame glisser sur son épée. Surpris par ce manque de résistance, l’aspirant se laissa entraîné par l’inertie de son coup et se retrouva avec une pointe menaçante à un pouce du visage avant même d’avoir pu se remettre en garde.

— C’est ça l’escrime ! Tromper l’adversaire, exploiter ses failles, l’amener à se découvrir. Si tu frappes de toutes tes forces tu pourras peut-être impressionner quelques gueux, mais jamais battre un bretteur aguerri. À ton tour Eswald !

Eswald se mit en garde, nerveux, c’était la première fois qu’il affronta le maître d’arme et sûrement le meilleur combattant auquel il ne se soit jamais mesuré. Il savait qu’en garde longue il lui faudrait un instant de plus pour armer son coup, il s’avança donc en garde à l’épaule et frappa aussi vite qu’il le put dès qu’il fut à distance. Face aux parades du maître d’armes, le jeune homme s’efforça d’enchaîner des coups variés en prenant bien garde à maîtriser son arme, mais cette fois Ferruccio chassa la lame par un vif moulinet avant de rabattre son épée sur son adversaire découvert.

« — Comme je vous l’ai dit, il n’y a pas de solutions miracles. Si vos coups sont trop fort on peut réutiliser cette force contre vous, mais s’ils sont trop faibles on peut briser votre garde par la force. Si vous voulez gagner, vous devez vous adapter à l’adversaire sans lui laisser l’occasion de s’adapter. Vous devez être comme le feu, on ne peut pas le toucher, mais lui peut vous brûler ! Je peux vous apprendre toutes les techniques que vous voulez, elles ne vous serviront à rien tant que vous n’aurez pas développé le sentiment du fer.

Recommencez ! »

Le tintement du fer repris de plus belle, mais même en sachant quelle technique utiliser Eswald avait toujours du mal à réagir au bon moment, plusieurs fois il dut bloquer en catastrophe avant d’avoir eu le temps d’évaluer la force d’un coup, quand il ne se retrouva pas à découvert après avoir tenté de dévier un coup trop faible. Il avait beau se concentrer il avait déjà du mal à parer les coups à temps, alors comment trouver le moyen de les anticiper ?

« — Tu réfléchis trop ! Tu connais déjà les mouvements, alors laisse tes réflexes agir tout seul »

Le conseil arriva aux oreilles d’Eswald, mais il ne voyait toujours pas comment anticiper les coups qui pouvaient venir de n’importe quelle direction et sur n’importe quelle zone à un rythme frénétique. Finalement à cours de solution, Eswald profita d’un instant d’accalmie pour se ruer sur son adversaire qui se laissa prendre par surprise.

Le souffle cours il lui fallu quelques instants pour comprendre l’air ahuri de son adversaire : pour la première fois depuis le début de l’entraînement il avait enfin réussi à marquer un point ! Étonnamment Mestre Erhard sembla contrarié.

« — Recommencez ! »

Blessé dans son orgueil, Elmo brandi son épée, le regard menaçant, mais à nouveau Eswald le pris de court en attaquant le premier. Ignorant la touche Elmos s’apprêta à contre-attaquer quand il fut interrompu par Ferruccio.

« — Ça suffit ! Ce n’est pas ce que j’ai demandé, ce n’est pas un concours de vitesse vous êtes sensé travailler le sentiment du fer. Essayons autre chose. »

Le maître d’armes banda les yeux des deux aspirants et les mit l’un en face de l’autre.

« — Vos yeux sont trop lents, pas assez précis. Si vous voulez être efficace, vous devez voir avec votre lame. Vous devriez être capable de sentir à n’importe quel instant où est la lame adverse et comment elle peut être déviée. Est-ce qu’elle est en position de force ou de faiblesse ? Est-ce qu’elle applique une pression forte ou légère ? Vous devez être capable de le ressentir et de vous adapter en conséquence. »

Plongé dans le noir Eswald s’efforça de se concentrer pour imaginer la position de son adversaire. D’après la légère pression de la lame sur sa pointe il devait lui aussi être en garde longue, mais trop loin pour attaquer directement, il chercha à dévier sa lame du centre, mais Elmo poussa de toutes ses forces en sens inverse.

« — Qu’est-ce que je vous ai appris ? Si vous voulez avoir l’avantage, poussez avec la base de la lame au lieu de forcer comme des brutes sur la pointe ! »

Comme si Elmo s’était soudainement souvenu de l’entraînement de la veille, Eswald sentit immédiatement la lame se rapprocher tout en exerçant une pression écrasante sur son fer. Juste à temps il réussit par réflexe à se dégager par un léger moulinet pour le prendre à revers. Le jeu dura encore plusieurs passes, Elmo cherchant à se rapprocher pour prendre l’avantage en lutte. Eswald s’efforça de le maintenir à distance sans trop oser reculer à l’aveuglette. Sentant qu’il ne repousserait pas son adversaire éternellement il profita d’une parade un peu trop ample pour tenter de terminer le combat, mais se fit contrer par un estoc à la poitrine.

« — Tu as rompu le contact du fer, comment veux tu te battre sans savoir ce que fait ton adversaire ? Avec ou sans bandeau, tu ne devrais jamais être à distance de frappe sans contrôler la lame adverse. »

Ils s’apprêtèrent à recommencer quand la dernière dizaine revint de l’entraînement en forêt, sonnant la fin de l’entraînement pour celle d’Eswald. À peine le maître d’armes parti, qu’Elmo toujours vexé, lança un regard noir à Eswald.

« — C’est moins facile quand tu ne peux pas tricher hein ? Fais attention, ce ne sera pas toujours un entraînement ! »

Eswald n’écoutait qu’à moitié, à la fois grisé par sa première victoire et frustré de ne pas avoir compris l’exercice. Au moins ses entraînements commençaient à porter leurs fruits, avec de la persévérance il avait encore une chance de rattraper le niveau des autres et d’être admis. Il remit son épée d’entraînement à la ceinture et récupéra son paquetage pour suivre les autres à l’orée du sous-bois. En s’asseyant, il ressentit encore les courbatures de la veille, il commença machinalement à manger un morceau de pain et de viande séchée de sa ration du jour tout en réfléchissant à la suite. Son état de fatigue commençait à l’inquiéter, il n’en était pas encore à la moitié de la formation et il lui semblait déjà être à bout de force alors que le pire était probablement à venir.

Lycus le tira de ses réflexions en s’asseyant à coté, sa dizaine revenait tout juste du champ de tir.

« — On dirait que tes progrès ne sont pas au goût de tout le monde, lança-t-il avec un air narquois. Ne t’en fais pas pour Elmo, les places sont chères et ils ont tous peur de perdre la leur. Ajouta-t-il devant l’air préoccupé de son camarade.

— Ce n’est pas avec deux malheureuses touches que je vais rattraper mon retard. Je ne comprends pas, à chaque fois que je me retrouve contre quelqu’un je n’arrive pas à anticiper le moindre mouvement, je suis obligé de réagir au coup par coup sans avoir le temps de trouver une ouverture.

— Pourtant à la bataille de Lundgren tu t’étais battu comme un lion ! On était resté en première ligne l’essentiel de la bataille et tu as vaincu plusieurs guerriers qui ne devaient pas avoir grand-chose à envier aux recrues d’ici. »

Eswald ne répondit pas tout de suite, le souvenir de la bataille semblait déjà si lointain. Il se rappelait tout juste du déroulé de l’affrontement et de quelques images floues, mais le plus terrible restait tout le temps qu’il avait perdu depuis.

« — Allons ne t’en fait pas, d’après ce que j’ai compris les instructeurs ne s’attendent pas a ce que des candidats d’origines aussi variées soient parfait dans tous les domaines. Sinon c’est moi qui aurait du souci à me faire vu mon niveau à l’arc. Ce qui compte c’est de montrer qu’on arrive à supporter l’entraînement et qu’on sait s’adapter.

— Valdas a bien été éliminé avant hier et il était meilleur que moi à l’épée.

—  Oui, mais c’est parce qu’il avait laissé traîner ses armes pendant la pause et puis j’ai cru comprendre qu’il n’était pas très rapide sur les obstacles. Je te l’ai dit, le plus important c’est de suivre les consignes. Et puis plus il y a d’éliminés plus il y aura de places pour les bonnes affectations. Tu comptes postuler où d’ailleurs ?

La question prit Eswald de cours, il savait où il devait allez avant même de s’engager, mais maintenant qu’il y pensait il ne faudrait pas qu’une telle insistance parût déplacée.

— Je ne suis pas encore vraiment sûr, et toi ?

— Hum, je me verrai assez bien à la troisième légion !

Eswald s’empourpra aussitôt à l’évocation de ce nom.

— Tu imagines ça, une légion entière composée uniquement de femme et/ou les seuls hommes autorisés sont les Lynx ! Ah ! Ah ! Je plaisante, j’aimerais autant me tenir aussi éloigné que possible de ces bigots du culte solaire. En fait j’hésite, j’aimerai bien rentrer chez moi avec la XVIe ou XVIIe Légion mais je suppose que j’aurai de meilleures chances d’avancement si je candidate dans une légion plus prestigieuse, pourquoi pas la VIe légion d’Ercanbald.

— La seizième ? Tu tiens vraiment à revenir sous les ordres du même Légat ?

— Dit comme ça effectivement ! » Voyant leurs instructeurs revenir vers eux Lycus se releva aussitôt avec son parquetage. « J’ai l’impression qu’on doit y retourner ! On se revoit tout à l’heure. »

Comme presque tous les soirs, Eswald sortit du dortoir discrètement pour aller s’entraîner à l’extérieur du fort. Maintenant qu’il avait enfin trouvé une stratégie pour gagner il fallait qu’il devienne encore plus rapide pour avoir une chance de rattraper son retard et d’être admis à la seule légion qu’il convoita. Arrivé au coin des baraquements il attendit que la lumière d’une torche continue son chemin sur les remparts en amont pour se diriger vers la forêt. À force d’escapades nocturnes, il commença à bien connaître les habitudes des gardes et il pouvait se débrouiller pour s’éloigner du fort sans être vu. Personne ne leur avait clairement interdit de quitter les baraquements la nuit, mais dans le doute ne pas être vus était le meilleur moyen de ne pas risquer de problèmes.

Une fois dans la petite clairière où il avait l’habitude de s’entraîner il commença à répéter ses attaques encore et encore en cherchant à être le plus rapide possible sans trop détériorer sa technique. Rapidement il sentit ses muscles se rebeller contre cet énième effort, ses courbatures aux jambes menacèrent de le faire trébucher, même l’éclat de la lune lui rappelait le pendentif caché dans son sac, comme il aurait voulu revoir son scintillement argenté rien qu’un instant, juste sentir les gravures sous ses doigts. Mais par prudence il avait recousu la doublure de son sac avant d’arriver chez les Lynx, il ne lui aurait servi à rien de prendre un tel risque, maintenant. Tout ce qu’il pouvait faire c’était s’entraîner encore et encore pour gagner le moyen de la revoir. Arrachant ses yeux à l’astre nocturne il reprit sa garde et recommença à fendre l’air avec acharnement sans remarquer la silhouette ombrageuse qui l’observait avec intérêt.

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