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Le sambo : L’art martial ultime des Russes

Introduction

Le sambo est un art martial russe regroupant lutte, grappling, percussions et autodéfense. C’est un système de combat très efficace combinant de nombreuses techniques de préhension afin de neutraliser un adversaire.

Le sambo peut être pratiqué dans un but purement sportif, ou simplement comme art d’autodéfense. Cette discipline plutôt récente a toujours ressemblé au judo, et au jujitsu, tout en incorporant différentes formes de lutte populaires de l’Asie centrale, et certaines formes de boxe.

Le sambo : L'art martial ultime des Russes
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Des combattants tels que Khabib Nurmagomedov ont réussi à percer et à populariser davantage cette discipline en MMA. En effet, le Russe a clairement pu démontrer (en plus de ses prédispositions) l’efficacité d’un art dans lequel il a été champion du monde.

Historique

Né durant la Première Guerre Mondiale

Si l’on fait référence au sambo, il essentiel de comprendre la création d’un art martial cousin, ou plutôt d’une branche même du sambo, tout dépend de l’interprétation qu’on lui donne.

Le samoz est un art martial développé pendant la première guerre mondiale par Viktor Spiridonov.

Spiridonov s’inspira de son douloureux passage dans les tranchées pour créer cet art martial. Samoz signifie en Russe Samozachtchita, littéralement autodéfense. On utilise aussi l’abréviation Sambo du mot Samozachtchita bez oroujia qui signifie autodéfense sans armes.

Ainsi, l’idée de base du samoz ou sambo reste bel et bien l’autodéfense. La méthode de combat a donc toujours été étroitement liée avec les forces militaires.

Nous sommes donc dans une optique d’autodéfense, voire de mise à mort.

Création du Sambo

Vassili Ochtchepkov

Vassili Ochtchepkov

Le véritable créateur du Sambo est Vassili Ochtchepkov qui a fait la synthèse de toutes les techniques de cet art martial.

Ochtchepkov est ceinture noire 2e dan de judo. Discipline qu’il a apprise directement auprès de Jigoro Kano au Kodokan.

Ochtchekpov enseigne donc le judo en Russie et se lance dans la création d’un système de combat à l’aide de Spiridonov, l’investigateur du samoz. Ce dernier, ayant déjà créé un système de compétition dans le samoz aida Ochtepkov à faire de même pour le sambo.

Vassili Ochtchepkov réunit donc Spiridonov et son élève Anatoli Kharlampiev pour continuer la création et l’organisation de son art martial révolutionnaire.

Les connaissances combinées de ces trois experts en arts martiaux ont permis la catégorisation du sambo en trois parties distinctes :

  • Orientée pour les forces spéciales ou militaires. Partie principalement développée par Spiridonov qui est enseignée aux Forces Spéciales et aux Officiers du KGB. Les techniques peuvent ainsi se tourner vers l’assassinat, le sabotage et l’autodéfense.
  • Orientée pour les forces de l’ordre. Kharlampiev popularisa ce système en reprenant les écrits d’Ochtchepkov après sa mort. Le système comprend aussi une partie sportive autorisant percussions, KO, mises au sol, et soumissions.
  • Orientée pour la compétition sportive. C’est Ochtchepkov, assisté par Spiridonov qui créa et développa cette troisième partie sportive. Les techniques sont réglementées et se travaillent sur deux secteurs de combat (lutte et sol).

Un sambo plus moderne

Anatoli Kharlampiev reprend les écrits d’Ochtchepkov et Spiridonov pour finaliser et populariser le sambo.

Après avoir participé à la seconde guerre mondiale, il se perfectionne en autodéfense et apprend également de nombreux styles de lutte en Asie centrale.

Il incorpore ainsi les techniques de lutte à la compétition sambo, perfectionne les phases d’autodéfense, et surtout popularise le sambo à l’extérieur de la Russie.

Kharlampiev se vanta être le père du sambo et chercha à mettre dans l’ombre Spiridonov et son propre professeur Kharlampiev. Il nia pendant longtemps l’implication du judo dans les techniques de sambo. Cependant, la vérité éclata et Ochtchepkov fut reconnu comme étant le véritable père du sambo.

https://www.youtube.com/watch?v=vfewWugsHEs

Au niveau de la lutte, quelle différence avec le judo ?

Dans le judo moderne, les techniques de saisie de jambes sont interdites. Cela implique une posture de combat plus droite et une manière de combattre très différente. Les fauchages, balayages, et projections sont de mise en judo.

En compétition de sambo sportif, comme en jujitsu d’ailleurs, les saisies de jambes sont autorisées ! Nous pouvons donc voir des doubles legs, single legs et différentes ceinturations dans les compétitions.

Le système de compétition russe est donc plus complet.

Composition du sambo

1. Samoz (Commando spécial)

Comme mentionné dans l’historique, c’est la partie militaire développée principalement par Spiridonov.

Cette branche s’est quasi totalement détachée du sambo pour devenir actuellement le Systema. C’est une forme de combat qui est restée secrète relativement longtemps.

C’est une discipline qui ne repose pas sur des techniques spécifiques, mais plutôt sur des principes. Ainsi la sensibilité kinesthésique (toucher) est particulièrement de mise pour la maîtrise de cet art.

2.  Boïevoe Sambo (Sambo combat)

Cette partie du sambo a été travaillée par les trois créateurs du sambo, à savoir Ochtchepkov, Kharlampiev, et Spiridonov. Initialement orienté pour les forces de l’ordre, donc dans un but de contrôle, de maîtrise et d’immobilisation, le sambo combat comprend aussi des percussions.

Un système de compétition a été mis en place pour cette branche.

Le sambo combat compile cette fois les trois secteurs de combat (boxe, lutte, sol).

Le combat peut ainsi se remporter par KO, KO technique, et soumission ! On autorise donc coups de poing, coups de pieds, coups de genou, coups de coude, mais également les coups de tête !

Les frappes sont autorisées au clinch et dans toutes les formes de corps à corps. Et comme en MMA, on autorise le ground and pound, c’est-à-dire les frappes au sol.

Une branche particulièrement complète du sambo.

3.  Borba Sambo (Compétition, sport de combat)

Sambo sportif

Projection de sambo sportif
Source / @CFS Sambo France / Licence

Ochtchepkov, ceinture noire de judo, a développé le borba sambo en s’inspirant de Spiridonov. Puis Kharlampiev l’a popularisé et y a ajouté les techniques de lutte pour obtenir la version “moderne”.

Le sambo sportif possède donc une solide base de judo et de lutte (Géorgie, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Tatarstan, Ouzbékistan).

En compétition sportive les frappes sont donc interdites, et selon les organisations, les étranglements aussi. La raison est en fait très simple. En Russie, il fait souvent très froid, donc les gants, les vestes épaisses et les écharpes rendent les étranglements difficiles, ils ont donc souvent été mis de côté. Cependant, selon les règlements suisses et français, les étranglements sont autorisés en compétition.

Pour remporter le combat en sambo il faut soumettre ou projeter proprement son adversaire. C’est-à-dire qu’il faut amener son opposant au sol sur ses deux épaules (sur le dos). Dans ce cas de figure, le combat est gagné. Si l’on accompagne son adversaire au sol, nous obtenons 4 points, mais le combat n’est pas terminé. Chaque mise au sol partielle (sur les fesses ou sur le flanc) permet de comptabiliser des points. Pour remporter le combat par projection, il faut donc projeter son adversaire sur le dos, tout en restant debout.

Les clés articulaires sont toujours autorisées dans toutes les formes de compétitions, et le combat peut évidemment être remporté à la décision.

En accompagnant l’adversaire au sol, on obtient :

  • 1 point lorsqu’il tombe sur les fesses.
  • 2 points lorsqu’il tombe sur le flanc.
  • 4 points lorsqu’il tombe sur le dos.

En restant debout :

  • 2 points lorsqu’il tombe sur les fesses.
  • 4 points lorsqu’il tombe sur le flanc.
  • Victoire totale lorsqu’il tombe sur le dos.

Source : https://www.sambo.ch/sambo-competitions.php

Plusieurs formes de lutte

Lutte libre

Nous l’avons vu plus haut, Kharlampiev a ajouté de nombreuses techniques et styles de lutte au sambo pour être le plus efficace possible. Il avait bien vu que les techniques de judo pouvaient facilement être annihilées par les saisies de jambes des lutteurs.

Nous avons des styles de lutte qui viennent principalement des pays suivants :

Le Tchidaoba de Géorgie

Une forme de lutte où les saisies sont autorisées. Cependant, l’absence de manches dans les tenues traditionnelles force les combattants à saisir la ceinture et le col. On y retrouve beaucoup de fauchages et de projections en forme harai goshi.

Le Kures du Kazakhstan

Très orienté sur les techniques de jambes, de fauchages, et d’accrochages. Dans cette forme de lutte, on autorise les saisies de jambes, favorisant les positions basses et le retrait du bassin vers l’arrière. Les lutteurs portent un vêtement similaire au judo gi, les saisies sont de mise.

Le Gulesch d’Azerbaïdjan

Les lutteurs sont cette fois torses nus et débutent l’affrontement par une saisie à la ceinture. Dans cette forme de lutte très intéressante, on peut poursuivre le combat au sol et se relever ! Les saisies en haut de corps sont difficiles (torse nu) ce qui favorise les techniques de saisie de jambes.

Le Kurijash du Tatarstan et du Bachkortostan

La tenue est similaire au Gulesch, par contre le combat ne continue pas au sol. On retrouve beaucoup de techniques de sacrifice et certaines saisies de jambes.

Le Kurash d’Ouzbékistan

Une forme de lutte assez proche du judo où le combat au sol est inexistant. Dès qu’un lutteur pose une main au sol, un coude, les fesses, ou même un genou, le combat est arrêté et les deux opposants se remettent en position initiale.  Toutes les formes de sacrifice sont autorisées à condition que l’adversaire touche le sol avant vous. Ce qui offre de spectaculaires mises au sol.

Source principale de l’article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sambo

L’arme de Khabib Nurmagomedov

Tous les amateurs de MMA connaissent Khabib Nurmagomedov, l’actuel champion des poids léger à l’UFC. Le Russe est un ancien champion de Sambo et il possède l’une des meilleures luttes de tout le circuit. Ses capacités au sol sont elles aussi impressionnantes et on comprend d’où lui viennent toutes ces aptitudes.

En étudiant plus en profondeur les origines du sambo. On voit que les différentes marques de fabrique de cet art martial sont aussi celles du Russe au sein de l’octogone (saisies de jambes, fauchages et projections de judo, positions supérieures au sol, frappes au sol).

Maintenant reste à savoir si un combattant arrivera un jour à neutraliser un système de lutte aussi complet ?

Un autre russe d’autant plus connu et prestigieux dans le monde du MMA est à noter : Fedor Emelianenko. Une véritable légende des poids lourds du MMA. Cependant, Khabib reste le combattant du moment.

Conclusion

Pour conclure cet article sur le sambo, je dirai que nous avons encore une fois un art martial très complet. Une marque notable que je trouve personnellement intéressante est la différentiation des techniques utiles pour les militaires, les forces de l’ordre, l’autodéfense, et la compétition.

Cet art martial russe comprend une partie très intéressante sur l’autodéfense et il permet l’intégration de nombreuses techniques de lutte ! Ce que l’on retrouve trop peu à mon goût dans de nombreux arts martiaux.

Un grand respect à tous les samboïstes, car nous avons bien un art de combat qui mérite tous les titres de noblesse sur son efficacité.

Dis-moi ce que tu en penses !

2 commentaires

  1. Un bon article pour parler de ce bel art martial, qui n’est pas assez connu en France !! Vive le sambo !!

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