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Les Arts Martiaux Que Vous Ne Connaissez Peut-Etre Pas (Partie 2)

Cet article fait suite au précédent que vous trouverez ici Les arts martiaux que vous ne connaissez peut-être pasNous allons donc découvrir de nouveaux arts martiaux qui méritent de s’y intéresser de par leurs histoires et leurs techniques impressionnantes.

Les Arts Martiaux que vous ne connaissez peut-être pas ( partie 2 )

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Kalaripayattu

Le Kalaripayattu est l’un des plus anciens arts martiaux au monde. On trouve ses origines au IIIème siècle avant J.-C dans le sud de l’Inde. On ne peut pas affirmer savoir qui est son fondateur, Parashûrama, Shiva ou Agastya. Quoi qu’il en soit, on enseigne cet art dans le but d’ouvrir la voie spirituelle aux hommes.

Étymologiquement, Kalari signifie gymnase et Payat signifie l’art de combattre. À l’origine, le maître de Kalari a un grand pouvoir sur ses élèves, son autorité est même supérieure à celle de leurs parents. Tout le monde participe aux entraînements, jeunes, moins jeunes, hommes et femmes. Les enfants s’entraînent sans relâche pour atteindre un niveau suffisant et être considérés comme guerrier, ils peuvent alors quitter l’école. Aujourd’hui, on enseigne principalement les techniques médicinales et les techniques du Kalaripayattu.

Au niveau de l’entraînement, il faut commencer par faire des massages avec de l’huile. C’est une étape qui dure une quinzaine de jours pour les nouveaux pratiquants. Par la suite, les exercices physiques sont de rigueur. On y apprend de nombreux mouvements et positions inspirés par les animaux tels que le lion, le serpent ou le poisson. Enfin on apprend le maniement des armes comme les épées, les poignards ou des lances. Cet art martial ressemble par certains aspects au MMA, en effet cet art autorise l’utilisation des frappes, des projections, des saisies et l’on peut utiliser toutes les parties du corps pour attaquer et se défendre. Cependant, on y apprend aussi une centaine de points vitaux du corps humain pouvant être fatal dans certains cas. C’est donc véritablement un art guerrier.

L’apprentissage des pratiques médicinales traditionnelles est également important. Les massages par exemple, sont fortement utilisés pour des traitements et certains problèmes neurologiques. D’autres techniques permettent de soigner des douleurs diverses comme les torticolis ou les lombalgies. Comme le dit un maître de Kalari, « Si j’ai les moyens de tuer, je dois être également capable de redonner la vie ».

Le Kalaripayattu a donc pour objectif d’atteindre une coordination parfaite entre le corps et l’esprit. La nature et les animaux sont une grande source d’inspiration pour cet art qui utilise des huiles issues des végétaux et des mouvements de la faune.

Taekkyon

Le Taekkyon est un art martial très ancien qui nous vient de Corée. On retrouve ses traces entre le IVème et le Vème siècle. La Corée est alors divisée en trois royaumes. Le Subbak est un art qui est déjà pratiqué dans certains de ces royaumes. C’est un art guerrier qui est utilisé notamment pour repousser l’ennemi japonais. Il prend de l’ampleur au fil des siècles jusqu’à devenir indispensable pour l’armée. Cependant durant le XIVème siècle, cet art martial perd de son prestige jusqu’à être mal vu par une grande partie de la population.

C’est lors du déclin du Subbak que son nom est remplacé par Taekkyon. Cet art prospère cependant toujours chez la classe populaire coréenne jusqu’au début du XXème siècle et l’invasion japonaise. Le Japon cherche à supprimer toute la culture du pays conquis. Ils veulent imposer leur propre culture et supprimer celle du pays d’origine et donc les arts martiaux. Il faut attendre 1945 et la capitulation japonaise durant la Seconde Guerre Mondiale pour que le pays retrouve sa souveraineté ( il va être cependant divisé en deux, Corée du Nord et Corée du Sud ).
Depuis cette date, le Taekkyon est redevenu populaire dans le pays, même si le Taekwondo, qui s’est fortement inspiré du Taekkyon, a pris une grande place.

Cet art martial aujourd’hui, ressemble par certains aspects à une danse, mais aussi à la Capoeira. Les coups de pieds sont énormément utilisés dans le Taekkyon, ce qui le rapproche de la Capoeira brésilienne et du Taekwondo. Le terme de combat n’existe pas, c’est davantage un jeu dans lequel on fait une démonstration de ses talents et de ses techniques. Le but est de faire tomber l’adversaire et non de le frapper. Ainsi, les mains sont toujours ouvertes. Le rythme du corps est également très important, les mouvements sont fluides et gracieux d’où sa ressemblance avec la Capoeira. Les deux adversaires bougent leurs corps en même temps et de façon continue.
Cependant une version plus dure du Taekkyon existe, où le côté martial est beaucoup plus présent avec l’apprentissage des coups sur les points vitaux et les coups portés à pleine puissance.

Depuis 2011, cet art martial a été reconnu comme « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » par l’UNESCO.

Kinamotay

Le Kinamotay est un art martial philippin. C’est” l’art de mordre et de pincer “. Les techniques de grappling notamment celle du Jiu Jitsu Brésilien sont très souvent utilisés pour contrôler l’adversaire et éviter ses attaques. C’est grâce aux nombreuses guerres dans ce pays, que cet art martial s’est développé. Ils ont appris à utiliser tout ce qui était possible pour se défendre contre l’ennemi, morsure, pincement, destruction des yeux à l’aide des doigts. C’est donc un art martial mortel qui est semblable au Close Combat .

Les techniques sont donc nombreuses pour se défaire de l’adversaire. Le pratiquant de Kinamotay apprend une centaine de points vitaux pour savoir où mordre et comment mordre. Il apprend également avec les techniques de grappling à maintenir son adversaire pour exécuter ses techniques le plus longtemps possible. Les parties du corps à mordre sont souvent les oreilles, le cou et l’aine. Les parties du corps à pincer sont l’intérieur des biceps et des cuisses. Lors des entraînements, les pratiquants apprennent à maintenir le plus longtemps possible et à bloquer leur adversaire dans une position. Ensuite, ils apprennent à se servir de leurs mâchoires en mordant des morceaux de viande sous tous les angles.

Cet art martial a donc vocation à se sortir d’une situation dangereuse. C’est un excellent art contre-grappling car il va apprendre à se sortir d’un blocage ou d’un étranglement à l’aide de ses connaissances sur le corps humain. En effet, le pratiquant va apprendre à situer et mordre de nombreuses artères en fonction de sa position. Par exemple, s’il est proche du cou de son adversaire il va mordre l’artère carotide, une des principales du corps humain. S’il est près des mains de son adversaire, il va mordre l’artère radiale. On peut imaginer que cet art devait faire des ravages pendant les guerres, surtout avec le manque de moyen pour stopper les nombreuses infections.

Le Kinamotay est donc un art martial dévastateur. L’utilisation du grappling, des connaissances des zones de nerfs et de pression rend le pratiquant extrêmement dangereux. Ce n’est pas un art martial qui cherche la perfection de soi, il est davantage dans la préservation de soi par tous les moyens possible.

Tahtib

Le Tahtib nous vient d’Égypte antique, on trouve ses origines il y a environ 5000 ans. Le Tahtib que l’on appelle aussi ” l’art du bâton ” est à l’origine créé pour que les soldats protègent les dirigeants et les hommes importants. Cet art martial est très populaire dans le pays. On retrouve ainsi des gravures dans les pyramides des rois de l’ancien Empire. Siècle après siècle, le Tahtib disparaît progressivement de l’entraînement des soldats et s’exporte vers les villages. Jusqu’au XIXème siècle, les combats de Tahtib sont très violents et la mort est souvent de rigueur pour le perdant. Mais depuis le XXème siècle, on le considère comme un jeu avec des danses et des chants. C’est un art qui devient très festif et qui a de plus en plus d’adeptes.

Lors d’un combat, les deux adversaires doivent avoir en leur possession un bâton, appelé Asa d’environ 1m30. Il doit être souple et en fibre de rotin pour éviter les blessures. Le public présent chante et joue de la musique traditionnelle pour célébrer et rendre festif ce moment. Les musiciens et les spectateurs forment un cercle autour des deux pratiquants. C’est le rythme de la musique qui influe sur le rythme du combat. Il faut une grande maîtrise pour exécuter les mouvements, car aucun des opposants ne doit blesser l’autre, il ne faut pas porter de coups à pleine puissance. C’est davantage une simulation d’affrontement, les coups sont symboliques. La concentration et la précision sont donc importantes. Le combat s’arrête lorsque l’un des deux a touché trois fois son adversaire.

Le Tahtib repose ainsi sur de nombreuses valeurs telles que le respect mutuel, le courage et la fierté. Cet art est alors un excellent moyen pour renforcer les liens entre les communautés. Cette pratique qui se transmet généralement de père en fils perdure sans distinction sociale ou religieuse. C’est ce qui fait la force de cet art qui est porteur de valeurs humaines universelles.

Le Tahtib qui est donc à la fois un art, une danse et un jeu, est inscrit au patrimoine culturel mondial à l’UNESCO depuis 2016. L’Égypte fait tout son possible pour continuer à faire vivre son art en le modernisant et en l’exportant. C’est d’ailleurs récemment que le Tahtib s’est ouvert aux femmes dans ce pays.

Conclusion

J’espère une nouvelle fois que cet article vous a plu et que vous avez découvert de nouvelles choses. Un troisième article sur de nouveaux arts martiaux méconnus verra sûrement le jour bientôt. Je vous remercie.

Dis-moi ce que tu en penses !

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3 commentaires

  1. Incroyable le Kinamotay !! Vivement le 3eme article de ces arts martiaux “que l’on ne connait peut-être pas” !!

  2. Très bon article, intéressant de découvrir ces disciplines méconnues.
    Surtout le Kinomutay pour ma part ^^

    • Merci.
      En effet c’est passionnant de découvrir des arts martiaux vieux de plusieurs siècles. Ils ont chacun leur histoire et leur spécificité, et il y a même tout un tas de techniques vraiment fascinantes.

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