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Le sanda : L’histoire de la boxe venue de Chine

Introduction

Le sanda, ou sanshou est un art martial chinois comprenant un système de compétition sportive s’apparentant à la boxe, ainsi qu’un système d’autodéfense. Cependant, le sanda est davantage connu pour ses compétitions de boxe pieds poings que pour son système d’autodéfense.

Sanda : la boxe venue de Chine
Source / @Richardkiwi / Licence
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Il existe de nombreux arts martiaux chinois, internes et externes ! Pour apprendre plus sur cette notion, je vous invite à lire cet article dédié. En effet, l’Occident préfère le mélange de spiritualité, de maîtrise de soi, et de techniques martiales. Ce qui n’est pas forcément le cas des arts martiaux occidentaux.

La Chine et la diversité de ses arts martiaux

L’intérêt de cet art réside dans le fait qu’il vient d’un milieu où la pratique martiale se joint souvent à la spiritualité. Même si le sanda reste purement un art externe, toutes les disciplines “cousines” ont une forte connotation spirituelle et permettent de travailler la gestion des émotions.

En Chine, nous avons également des arts martiaux comme le taï chi, le kung fu wushu, le wing chun, le qi cong, etc…

Dans ce milieu, il est donc plus facile de découvrir certaines pratiques internes en complément d’un sport de combat. Ce que je trouve particulièrement intéressant.

Historique

Des débuts militaires

En 1924, le parti nationaliste chinois crée une académie militaire dans la région de Guangdong. Son but est de créer l’élite de l’armée. Le parti décide aussi d’entraîner efficacement ces soldats modernes au combat sans armes.

Ils souhaitent s’inspirer du système russe pour l’inculcation de la discipline, ainsi que pour l’endoctrinement, et les méthodes d’entraînement.

Vous l’avez compris la création du sanda en Chine s’est inspiré du sambo.

Ils estimaient qu’une pratique dite compétitive avec application sport de combat était indispensable à l’entraînement des soldats.

Sun Yat-sen, dirigeant et leader du Guomindang a clairement déclaré vouloir apprendre de leurs méthodes, et engagea un certain Mikhaï Borodine. Ce dernier était chargé de diriger l’entraînement des soldats.

C’est sur cette base que le sanda est né et s’est ensuite développé.

Principe et évolution du sanda

Initialement intitulé “sanshou”, cet art de combat avait une forte empreinte de close combat. En effet, l’implication russe avait laissé quelques traces sur cette discipline qui s’est elle aussi basée sur ses styles chinois.

Pour la partie non-sportive, on autorise davantage de techniques et de frappes. Les Chinois codifièrent donc le sanshou sous ces 4 catégories :

  • Da (Percussions) : poing, paume, coude, doigts, tête.
  • Tui (Shooter) : Coups de pied, genou, balayage.
  • Shuai (Projections) : Lutte, projections, amenées au sol.
  • Na (Saisies) : Saisies, clés, soumissions.

On peut donc observer que la variété des techniques est vaste et que l’implication du kung fu wushu en est pour quelque chose. Cela fait du sanda une discipline variée et très intéressante, car elle combine l’aspect sport de combat et art martial d’autodéfense.

La différence entre le Sanda et les autres formes de boxe

Premièrement, je vous invite à lire l’article de Brandon qui traite le sujet beaucoup plus en profondeur sur les différentes types de boxe existantes.

Le sanda s’apparente beaucoup au kickboxing et au muay thai. Mais quelle est la différence entre ces trois sports de combat ?

C’est en réalité assez simple. Le kickboxing est une forme de boxe pieds poings qui autorise les low kicks (coup de pied dans les jambes). Par contre, il interdit les coups de coude, les coups de genou, et les projections.

Le muay thai, lui autorise les coups de genou, de coude, et les projections. Il y a donc un bon contraste entre les deux.

Le sanda se situe donc parfaitement entre ces deux disciplines, car il autorise les projections comme en muay thai, mais interdit les coups de genou et de coude, comme Kickboxing.

Le début des compétitions professionnelles

En vue d’une application sportive, le sanshou ne prévoit pas la mise en application des techniques au sol. En effet, les premiers pratiquants de cet art seraient des militaires, c’est pourquoi les Chinois jugèrent bon de privilégier le combat debout.

La partie Na, relative aux soumissions est donc écartée de la voie sportive.

En 1997, la Chine et les États-Unis organisent des combats professionnels en se basant sur le kickboxing. C’est-à-dire qu’ils vont se fonder sur les règles du kickboxing en y ajoutant les projections. Ils décident aussi d’enlever les protections habituelles (casque et protège-tibias).

C’est grâce à cette nouvelle forme de compétition que cette discipline porte le nom de Sanda. Cette récente appellation signifie “combat libre et complet” ou en anglais “full contact fighting”.

Toutefois, le sanda s’est popularisé réellement à partir de 2003 où les combats sont montés en flèche. En vue de la popularité de cet art chinois, des rencontres interstyles ont été organisées.

L’arme de Cung Le

Cung Le est un pratiquant de Sanda vietnamien-américain, ancien combattant MMA, et acteur. Il est l’ancien champion du strikeforce dans la catégorie des poids moyens. Il possède notamment un style de striking assez esthétique et impressionnant à regarder.

Cung Le commence très tôt le taekwondo, puis la lutte, mais c’est à l’âge de 19 ans qu’il se met sérieusement au sanda. Il participe à 40 combats amateurs, et son record est de 38 victoires pour 2 défaites. Il passe ensuite en professionnel et enchaîne 12 combats en sanda et kickboxing dans lesquels il ressort invaincu.

En 2006, il se lance en MMA avec un record de 9-3, ainsi qu’un titre de champion au strikeforce.

On peut retrouver dans ses combats de MMA de grosses empreintes du sanda et également du taekwondo. En effet, Cung Le possède d’excellents kicks, notamment le coup de pied marteau, à l’instar d’un Andy Hug, ou encore le coup de pied retourné.

Sa plus grosse empreinte de sanda est visible lorsque ses adversaires laissent traîner leur jambe lors d’un middle kick. Le fauchage est immédiat.

Zabit Magomedsharipov

Zabit Magomedsharipov est un combattant de MMA d’origine russe. Il combat actuellement dans la catégorie featherweight (poids plume), dans laquelle certains fans lui réservent une excellente carrière.

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Pour les fans d’UFC, vous avez certainement vu les combats de Zabit qui ont tous l’avantage d’offrir des séquences inattendues, et souvent acrobatiques.

Zabit a commencé la lutte dès son plus jeune âge et il commence le sanda dès l’âge de 12 ans. Il comptabilise ensuite les titres suivants en wushu sanda :

  • 4x Champion russe
  • 1x Champion européen
  • 1x Champion mondial (World cup winner)

Zabit a un style de combat totalement imprévisible avec d’excellents coups de pieds et une détente assez exceptionnelle. Il est très à l’aise dans les phases de pieds poings, ainsi que sur les phases de lutte. Comme Cung Le, il possède d’excellents coups de pied retournés et surtout un style peu orthodoxe.

Sources de l’article :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sanda_(art_martial)
http://kung-fu-morigny.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=104&Itemid=61

Conclusion

Pour terminer cet article sur la boxe chinoise, sanda, ou encore sanshou, je dirais que c’est un excellent art martial si l’on souhaite pratiquer un sport de combat et de l’autodéfense.

Le sanda est aussi intéressant pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la philosophie chinoise. Car en Chine, celle-ci ressort dans de nombreux arts martiaux.

Le sanda est donc le juste mélange de boxe et de lutte, tout en ôtant les coudes et les genoux pour ceux qui trouvent cela trop brutal.

Nous avons encore une fois un art qui a fait ses preuves sur de nombreux aspects, comme la confrontation sportive, l’entraînement des forces militaires, et l’autodéfense.

Un grand respect à tous les pratiquants de sanda et un bon entraînement !

Dis-moi ce que tu en penses !

Un commentaire

  1. Votre article ne perd pas de sa fluidité malgré tant de facts sur un art martial peu connu dans l’Occident, merci pour toutes les informations claires et complètes.

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