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Apprendre à se battre – les secrets du sparring

Introduction

Cette fois nous allons aborder un thème que j’apprécie énormément et qui doit ou devrait constituer la base de toute activité martiale. Le sparring, ou randori ! Qu’il soit clair, pour n’importe quel néophyte qui souhaite apprendre à se battre, la pratique du sparring représente l’outil ultime pour un tel apprentissage, peu importe la discipline !

Apprendre à se battre - les secrets du sparring

Cependant, Le sparring ou randori en japonais est un outil délicat à manipuler pour un pratiquant d’art martiaux comme pour un entraîneur. Mais il s’agit bel et bien du meilleur concept pour apprendre à se battre, combattre et à se développer dans tout sport de combat ou art martial.

Qu’est-ce que le sparring ?

Premièrement, nous allons définir qu’est-ce que le sparring dans les sports de combat et les arts martiaux. Car il est essentiel de comprendre exactement ce que signifie cette notion.

Sparring vient du verbe anglais “to spar” qui signifie “Se bagarrer / Se disputer / Se bagarrer amicalement”. Dans notre cas, la dernière traduction est celle qui nous intéresse le plus : se bagarrer amicalement. Le sparring est donc un combat à différents niveaux d’intensité entre deux ou plusieurs participants. Dans la majeure partie des cas, le sparring est un combat joué entre les différents opposants.

Vous avez déjà tous joué avec vos frères et soeurs étant enfant à qui est le plus fort. On s’est tous déjà amusés à maîtriser quelqu’un sous une forme de lutte… C’est quelque chose en fait d’assez naturel et inné chez un être humain.

Cela existe même chez les animaux. De nombreux animaux pratiquent du sparring et des fois bien plus adéquatement que nous les Hommes. Apprendre à se battre est un instinct très fort pour tout être vivant.

Et le randori, en quoi est-il différent ?

Le randori comporte en fait les mêmes caractéristiques que le sparring. Il s’agit donc d’un outil très sophistiqué pour la mise en application dans les arts martiaux. Apprendre à se battre ou à combattre est lié au sparring et au randori. Nous jouons le combat.

Randori

Ainsi, le randori est le terme utilisé dans les arts martiaux japonais pour mentionner la pratique du combat. Le sparring, lui est un terme anglophone et est donc plutôt lié aux sports de boxe.

Cela ne change pas la nature de cette pratique qui est de combattre.

La différence entre du travail technique et du sparring ?

Le travail technique nous permet de travailler et répéter des “armes”, donc des techniques de combat que nous pouvons mettre en application. Le sparring permet la mise en application dans un contexte d’inconnu. Pourquoi inconnu ? Parce que notre adversaire ne va pas se laisser faire.

Le travail technique est donc une répétition de mouvements, de manière générale codifiée. Bien souvent l’un des deux participants joue le rôle de partenaire et l’autre répète la technique en question. Nous n’avons ainsi pas le même niveau d’implication.

Lorsqu’un boxeur travaille ses enchaînements, son partenaire joue bien souvent le rôle de support. C’est-à-dire qu’il ne va pas s’entraîner en opposition, mais en coopération. Nous sommes ici dans une phase de répétition.

Lorsqu’un judoka répète une projection sur un adversaire qui se laisse faire, nous sommes encore dans une phase de répétition. Car il n’a pas un adversaire, mais un partenaire.

Apprendre à se battre survient uniquement quand son adversaire a la même intention que soi. Dans ce cas nous sommes dans une situation d’opposition. La stratégie de combat peut ainsi naître. Nous sommes dans du sparring. Même si le combat reste très lent et souple, si l’intention des participants est de combattre son adversaire, nous sommes dans ce cas de figure.

Le sparring l’outil ultime pour apprendre à se battre ou simplement apprendre l’essence de sa discipline martiale

Vous l’avez compris, pour apprendre à se battre, cela ne sert à rien de répéter 1000 fois un coup de poing. Vous serez certes plus rapide et plus efficace, mais pour apprendre à le donner au bon moment, car c’est là le point le plus important, vous devez pratiquer du sparring.

Je suis aussi d’avis que c’est dans la pratique du sparring que l’on comprend l’essence de notre discipline. La répétition est certes un outil d’approfondissement, mais le sparring sert à comprendre POURQUOI on répète nos enchaînements. Ce n’est qu’en combattant qu’on comprend pourquoi on réussit une combinaison de coup, une frappe simple, une projection, une amenée au sol, une clé, etc… Dès que nous arrivons à l’utiliser en combat, c’est-à-dire qu’une technique fait partie intégrante de votre arsenal de combat, vous développez une compréhension plus profonde. Par conséquent votre manière de la répéter sera elle aussi plus adaptée à vos besoins.

Pour comprendre l’importance du sparring dans l’apprentissage d’une technique, je vous conseille de lire mon article à ce sujet.

Les différentes sortes de sparring

J’ai différencié principalement deux sortes de sparring à mains nues. Les sparring de percussion et les sparring de préhension. Vous l’aurez compris, je fais référence aux sports comme la boxe, le kickboxing, le muay thai, le karaté et le taekwondo pour les sports de percussion. Le judo, le jujitsu, la lutte, et le jiu-jitsu brésilien sont eux dans la catégorie des sports de préhension.

Sparring pour les sports de percussion

Le but principal de cette sorte de sparring est donc de frapper son adversaire, cela peut être une frappe avec appui du poids de corps de comme dans les sports de boxe. Ou les frappes peuvent être contrôlées, sans appui du poids de corps, comme dans la plupart des disciplines de karaté. Certaines formes de boxe peuvent être aussi en “light contact”.

K1

Cette forme de combat mobilise davantage le jeux de jambes que dans les sports de préhension et demande une très bonne capacité cardio-vasculaire. Les protections sont très importantes pour ces formes de combat, car si l’on souhaite échanger avec un adversaire, il vaut mieux le faire en toute sécurité. Peu importe les règles.

Sparring pour les sports de préhension

Le but des sports de préhension varie davantage d’une discipline à l’autre. Les sports comme le judo et la lutte se concentrent sur les amenées au sol, alors que le jiu-jitsu continue au sol jusqu’à la soumission. Les sports de préhension peuvent être encore plus fatiguants musculairement que les disciplines de percussion, car la mise sous tension des muscles est souvent plus longue.

Projection de judo

Pour cette forme de combat, pas besoin de protection, parce qu’il n’y a pas de notion de frappe. Un point intéressant dans les sports de préhension est que le combat à intensité maximale peut être fait plus fréquemment que dans les sports de percussion qui sont généralement plus traumatisants.

On peut mélanger tout cela !

Et heureusement, car j’adore ça ! Le sambo, le MMA, le jujitsu traditionnel permettent un tel métissage. Grâce à ces sports, nous pouvons mixer les phases de préhension et les phases de percussion. Pour apprendre à se battre ou à combattre, il n’y a pas mieux. Nous couvrons ainsi tout l’éventail du combat à mains nues.

Les protections sont par conséquent de la partie pour éviter un mauvais coup. Par ailleurs, les gants sont plus fins et sont “ouverts” pour permettre la saisie et faire la transition avec les phases de préhension.

Je vous conseille d’avoir une bonne endurance musculaire ainsi qu’un bon système cardio-vasculaire quand vous vous lancez de ce genre de pratique.

Les différents niveaux de sparring

Sparring sans contact

Cette forme de combat peut être effectuée uniquement sur des phases de percussion. Les deux combattants sont face à face et combattent de manière plus ou moins intensive, mais ne se touchent strictement pas ! Le but de cette forme de sparring est de mettre de côté tout risque de blessure et de traumatisme, en entretenant les notions de distance et de lecture de combat.

C’est aussi l’idéal pour terminer des phases d’échauffement. Je dis bien terminer, car le corps doit être chaud et étiré pour pratiquer ce genre de mouvements. Mais c’est un outil aussi très pratique pour effectuer la transition entre du travail technique et du sparring plus intensif.

Voici un exemple en taekwondo, mais il peut être pratiqué dans n’importe quel sport de percussion.

Sparring souple

Le sparring souple est une forme de combat où les deux participants n’ont pas une implication complète dans leur manière de combattre. On laisse volontairement son adversaire réussir une partie de ses initiatives. C’est une forme de combat très profitable, car elle permet d’entraîner la situation d’application réelle avec un risque restreint de blessure. Le fait de céder à son adversaire et de lui permettre de réussir son coup ou sa technique demande obligatoirement de mettre son ego de côté.

Les deux concurrents sont souvent autour de 50% de leur capacité maximale. Car dans cette forme de sparring, nous jouons le combat, nous ne combattons pas réellement. Le problème est que les débutants ont souvent du mal à discerner ce degré d’intensité et combattent “tout le temps” à 100%.

Le sparring souple vous permettra de travailler votre timing, votre gestion de la distance, votre sens du combat et votre lecture de combat. Surtout vous pourrez en pratiquer plus longtemps et plus souvent que du combat pratiqué à 100% d’implication.

Sparring combat

Il s’agit ici d’une forme de sparring pratiquée à 100% de ses capacités. Donc, plus question de faire de cadeaux à votre adversaire. Vous cherchez véritablement à dominer et à battre votre opposant dans les règles de votre sport.

Pour apprendre à se battre, c’est logiquement la forme de sparring la plus efficace. Car vous avez en face de vous quelqu’un qui ne se laissera pas faire et surtout qui sera à 100% de ses capacités.

C’est donc la forme d’entraînement la plus efficace pour progresser en combat. Mais attention, il faut la manipuler avec précaution. Abuser de cette forme d’entraînement va vite provoquer de nombreuses blessures voir dégoûter certains de vos pratiquants. Il faut toujours trouver le juste milieu entre de la pratique souple et du combat à 100%. Je pense personnellement qu’abuser de cette forme de pratique ne sera pas bénéfique sur le long terme. Les résultats seront très vite là, certes, mais la rudesse de cette forme de sparring pourra en décourager certains, voir même vous forcer à diminuer votre volume d’entraînement.

C’est un choix à faire si vous avez des élèves ou simplement pour vous-même !

Les sparring à thème

Si vous vous souhaitez développer des capacités spécifiques, pratiquez des sparrings à thème. Le but sera de définir des règles très strictes pour chacun des deux participants. Elles peuvent être les mêmes comme différentes.

Par exemple, pour les sports de boxe, vous pouvez autoriser une personne à frapper qu’avec les poings, et l’autre uniquement avec les jambes.

Vous pouvez aussi, pour des sports de préhension comme le jiu-jitsu, autoriser certaines techniques pour un combattant. Tandis que son adversaire aura le droit à d’autres. Cela peut forcer les pratiquants à entraîner des techniques ou des aptitudes ciblées. Cela peut les forcer à travailler des thèmes de combat sur lesquels ils ne sont pas forcément à l’aise.

Conclusion

Vous avez donc compris à quel point le sparring est important à toute discipline martiale. À mon avis, le sparring doit constituer la base de travail et le point de référence de votre sport. Pour apprendre à se battre, il n’y pas mieux.

Vous avez donc plusieurs niveaux d’intensité pour combattre en sparring, et il faut intelligemment répartir ces différentes phases. Ceci afin de ne pas fournir un entraînement trop brutal qui risque de fortement réduire votre effectif sur le long terme.

Les sparrings à thème sont aussi vivement conseillés pour développer des capacités spécifiques.

Personnellement j’ai toujours adoré le sparring souple ou même le light contact. Car il permet un véritable échange de connaissances.

Bon entraînement à tous !

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Dis-moi ce que tu en penses !

5 Comments

  1. bel article , comme d’hab ! le sparring , l’épreuve que tu redoutes le plus avant de t’inscrire dans un club alors que c’est la meilleur partie du cour !

    bravo pour les vidéos bien trouvées , et pour avoir autant détaillé les différents types de sparrings

    • Merci beaucoup ! Oui effectivement, c’est souvent ce qui nous fait peur, mais dès qu’on y a goûté, c’est ce qu’on préfère !

  2. Bel article . Comment enseigner le combat une véritable énigme pour tous les enseignants d’arts martiaux . Le sparring vue de ma fenêtre permet surtout d’apprendre à gérer le stress .

    • Merci, exactement, c’est aussi un bon outil pour apprendre à manipuler le stress, et l’adrénaline !

      • je suis d’accord. La gestion du stress et l’adreline peut être soit un atout ou une faiblesse au combat. Cet article est un chapitre de mon livre que j’écris en ce moment . J’espère le publier en 2018.

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